Problèmes liés au travail et aux situations professionnelles.

      Il y a des réponses psychologiques à ces questions, de plus en plus fréquentes dans la vie moderne

Diverses problématiques

La souffrance au travail a été popularisée par le livre de Marie France Hirigoyen "Harcèlement moral". Ce phénomène existe bel et bien et a donné lieu à des lois destinées à protéger celles et ceux qui en sont victimes. C'est une bonne chose car il est important que les victimes soient reconnues et le cas échéant indemnisées. Mais cela ne suffit pas toujours pour qu'elles retrouvent leur sérénité. C'est là que peut intervenir l'action "psy" sous diverses formes.

Le harcèlement n'est pas la seule source de difficultés au travail; il y en a d'autres qui sont parfaitement légales et ne correspondent pas à la volonté délibérée de vous nuire. Pourtant, elles font aussi des dégâts, provoquent des souffrances pouvant aller jusqu'au fameux "burn out" avec toutes ses conséquences douloureuses et même au suicide. Si aucune solution juridique n'est possible dans ces cas (il n'y a pas eu faute, du moins pas prouvable) l'aide psychologique peut être très salutaire.

Il existe d'autres situations qui corespondent pas à un dysfonctionnement et ne provoquent pas de souffrance au sens propre, mais tourmentent la personne qui les vit. Il y a des décisions à prendre, des attitudes à adopter, des arbitrages à faire, un soucis qui pèse dont il n'est pas possible de parler avec les proches. Mais il y a un travail psychologique à faire, qui ressemble à de la psychothérapie sans en être. Il s'agit d'une démarche de type stratégique

 

Des réponses stratégiques et éco-systémiques

Les situations décrites précédemment - et les autres - sont génératrices de difficultés et de souffrances. Celles-ci sont dues, au départ, à une cause externe, qui entre en interférence avec une sensibilité particulière de la personne. Il y a donc, en fait, une double origine externe et interne.

Pour répondre à la demande qu'il m'est souvent faite d'aide psychologique ou de psychothérapie, je vais utiliser le modèle éco-systémique, qui est aussi ma référence pour les thérapies liées aux problèmes conjugaux et familiaux. Celle-ci va utiliser les deux origines citées plus haut pour chercher des solutions dans ces deux directions:

En interne, on travaille sur la personne. Comme dans la plupart des thérapies classiques, on s'intéressera à son histoire et à sa structure psychique. Mais cela ne nécessite pas une introspection longue et délicate. On se concentrera plus sur les méthodes servant à dépasser les faiblesses et trouver les ressources nécessaires pour se sortir de la situation où l'on se trouve.

En externe - et c'est là qu'intervient l'approche stratégique - on va chercher toutes les voies de sortie, en élargissant au maximum le champ des recherches. Puis on les examinera une à une sous tous leurs aspects, intérêt personnel, faisabilité, conséquences, probabilité de réussite, etc. Selon les choix qui sont faits, on travaillera sur tel ou tel thème psychologique nécessaire ou utile à la réalisation du projet. D'autres acteurs sont susceptibles d'intervenir dans la conduite du projet: avocats, syndicats, partenaires, recruteurs, etc.

En résumé

L'approche éco-systémique stratégique en psychologie permet de construire des réponses aux difficultés et souffrances d'origine professionnelle, en recherchant des ressources chez la personne elle-même et dans son environnement.

 

Quelques exemples, rencontrés au fil du travail, ou de la vie

 

Problème avec sa hiérarchie

Ce sont celles dont on parle le plus. Petits et grands chefs autoritaires, abus de pouvoir, harcèlement moral ou sexuel, la liste est longue et connue. Mais il y a beaucoup d'autres problèmes hiérarchiques qui ne sont pas délictuels et pourtant bien réels: manque de disponibilité, difficultés de communication, préférence de supérieur pour d'autres employés, attribution de tâches inintéressantes...

Problème avec ses subordonnées

On en parle moins mais il existe aussi de véritables "persécutions" de certains subalternes à l'égard de leur supérieur qui n'a pas toujours les moyens institutionnels de les résoudre: résistance passive, sabotage, indiscipline, mauvaise volonté, insolence, et d'autres. La souffrance du chef est parfois forte, surtout s'il est lui-même pressé par sa direction, inconfortablement coincé entre marteau et enclume.

Problèmes avec les collègues en général

Qu'ils soient des supérieurs, des subordonnés ou des pairs, les collègues posent des problèmes qui peuvent engendrer des désagréments et parfois des souffrances. En effet la relation professionnelle est très intime. Il n'est pas rare qu'un collègue de travail soit la personne en compagnie de qui on passe le plus de son temps éveillé. Or cette personne, nous ne l'avons pas choisie, nous ne pouvons le plus souvent ni la fuir ni nous en débarrasser; il faut donc subir, ... ou s'adapter. Notons que ce ne sont pas que les relations désagréables qui posent problème. Le passage à une relation très intime peut entraîner conflits, jalousie de la part d'un conjoint, ou d'autres collègues, qui peuvent avoir des conséquences graves.

Inquiétude de perdre son travail

Par ces temps de chômage, perdre son emploi est un risque qui pèse sur beaucoup d'employés. Mais les artisans, professions libérales et petits patrons sont aussi soumis à un risque sournois: la perte d'activité pouvant entrainer la fermeture de l'entreprise avec toutes ses conséquences. L'interférence, dans ce cas, entre vie professionnelle et personnelle est évidente et les cercles vicieux nombreux. Une perte d'emploi peut déboucher sur une dégradation de l'image de soi, entraînant une complication conjugale, éventuellement un divorce qui, lui-même, ajoutera à la difficulté professionnelle de départ.

 

Excès de travail

On connait les effets douloureux sur le corps des métiers à forte pénibilité. Il peut s'y ajouter une pression psychologique, due à l'activité elle-même, qui engendrera des souffrances. Mais le plus souvent c'est l'excès de travail qui va générer de la souffrance psychique. Celui-ci n'est pas uniquement due à la pression de la hiérarchie ou de l'environnement, mais souvent à l'incapacité du sujet lui-même à mettre des limites à l'envahissement professionnel, et ceci d'autant plus que le travail en lui-même est passionnant. Des cercles vicieux peuvent s'installer: l'excès de travail engendre de la fatigue, qui induit une baisse d'efficacité, augmentant encore l'impression de ne pas y arriver, le débordement que l'on essaie de compenser par un surplus de travail, etc

Stagnation et "placardisation"

C'est un peu le contraire de la précédente. Cette situation est fréquente dans les grandes entreprises et administrations, notamment la fonction publique. La personne ne risque pas la perte d'emploi mais celui-ci est sans avenir: promotion impossible ou très difficile, travail répétitif et ennuyeux, diminution d'activité engendrant l'ennui, sentiment d'inutilité, aucune prise sur son travail. Chez les cadres, la mise dans un placard est très frustrante, elle brise les ambitions et peut entrainer une dévalorisation de soi engendrant les mêmes conséquences que précédemment. Le sentiment d'impuissance, de ne pouvoir faire ce qui est nécessaire et d'en être empêché par les carcans administratifs ou techniques, le manque de moyens ou la mauvaise organisation du métier entraînent de l'amertume, le sentiment de s'être trompé de branche, la culpabilité ainsi qu'un questionnement obsédant: dois-je rester et insister ou m'en aller avec les risques que cela pose?

Décision d'orientation.

On peut être confronté à une importante décision à prendre, comme l'acceptation d'une promotion avec changement géographique, mais qui posera un problème personnel ou familial, ou être "chassé" par un concurent, et être gêné de quitter son équipe, ou autre décision ou le choix n'est pas évident. L'accompagnement psychologique consistera à mettre en place un processus de choix, pour faire le meilleur.