Supervision

travail "psy" à l'usage des "psy"
 

Pour ma part, je n’aime pas trop le terme de supervision, qui met l’un des protagonistes en position supérieure par rapport à l’autre. Or, que ce soit en thérapie, ou dans un travail avec un confrère ou une consœur, je ne me sens jamais en position supérieure, même si j’ai plus d’expérience ; je préfèrerais donc parler d’analyse de la pratique, d’accompagnement professionnel ou autre périphrase, sans arriver à trouver le mot juste. J’en reste donc au terme de supervision et assume d’être superviseur.

Comment je conçois la supervision ?

Il s’agit de me mettre à la disposition du confrère ou de la consœur pour l’aider dans l’exercice de sa pratique. C’est sa pratique et ses références théoriques qui sont les références de notre travail ensemble. Ainsi est-il possible de l’accompagner sur une pratique qui ne serait pas forcément la mienne dans ce qui lui pose question, de même qu’en thérapie, il est tout à fait possible d’aider quelqu’un dont on ne partage pas les opinions. Il s’agit donc plus d’un accompagnement que d’une direction de travail. Bien entendu, je peux aussi donner un avis sur la manière dont je ferais si j’étais le praticien dans la situation proposée, mais le confrère reste libre de l’usage qu’il fera de ma proposition. Il peut m’arriver aussi de donner des apports théoriques, sur les domaines qui sont les miens. La « supervision » me rappelle la direction de mémoire ou de thèse que j’ai assurée du temps où j’étais universitaire, à savoir qu’il s’agit d’aider l’autre à faire comme il le décide et non de lui dire comment il devrait faire.

Pourquoi j’en assure ?

Depuis plus de 30 ans que je pratique la psychothérapie, j’ai accumulé une certaine expérience, écouté beaucoup de monde, vécu des difficultés et des joies. Il me semble que ce vécu et les réflexions qui vont avec peuvent aider des consœurs et confrères dans leur pratique. D’une manière plus générale, je crois que les anciens dans une profession peuvent transmettre une part de leur expérience à ceux qui vont continuer après eux. Avant de tirer ma révérence, je souhaitais que mon expérience puisse – peut-être – servir à d’autres. Il me semble par contre que, pour être efficace en supervision, il faut également avoir une pratique de psychothérapie.

La supervision est-elle obligatoire ?

Beaucoup de groupements de psychopraticiens (écoles, syndicats, etc) considèrent que tout praticien doit être obligatoirement en supervision. Je ne partage pas cette position trop rigide. Il me semble que c’est à chaque praticien de décider comment il assure le contrôle de sa pratique, par de la supervision, ou des échanges entre confrères ou autre moyen. Par contre il me semble évident qu’en début de pratique, il est indispensable de pouvoir bénéficier d’une supervision pour progresser et travailler dans la sérénité. Pour ma part, je n’ai plus de superviseur attitré, mais consulte régulièrement mes confrères, soit en groupe de pairs, soit individuellement.